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N° 132-133 : La gentrification urbaine



Les anciennes cours réhabilitées des faubourgs : une forme de gentrification à Paris

par Anne CLERVAL

Les anciens faubourgs populaires de Paris se caractérisaient par une interaction entre activité artisanale et logement, notamment dans certaines grandes cours et passages hérités du parcellaire rural. Dans le faubourg Saint-Antoine (11e , 12e arrondissements), ces cours étaient spécialisées dans le travail du bois, et celles du faubourg du Temple (10e , 11e ) dans la petite métallurgie. La désindustrialisation progressive du centre de Paris a laissé vides ces cours dans les années 1980-1990 et la gentrification investit ces lieux, soit spontanément, soit par l’intervention d’un marchand de biens. Dans le premier cas, la transformation sociale est progressive et les « gentrifieurs » appartiennent aux classes moyennes ; dans le second cas, la réhabilitation entraîne le remplacement complet des anciens habitants des classes populaires par de nouveaux, appartenant aux classes moyennes et supérieures. Dans ces cours réhabilitées, les « gentrifieurs » introduisent un nouveau mode de vie et une forme particulière de sociabilité collective. Même s’ils ne pratiquent guère la mixité sociale de leur quartier, ils la valorisent dans une stratégie de distinction sociale afin de se constituer en un groupe social à part entière, dont l’existence reste à confirmer.

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