Imprimer

N° 128-129 Émeutes en banlieues : lectures d'un événement



Éditorial, Emeute en banlieues : lectures d’un événement

par Maurice BLANC, Jean-Yves AUTHIER, Catherine BIDOU, Jean-Pierre GARNIER, Joëlle JACQUIN

Avant d’analyser ce que l’on a appelé les «émeutes» de novembre 2005dans des «banlieues» françaises, il faut faire quelques observations préa-lables. Les banlieues françaises sont très diverses et elles ne sont pas toutesdes «lieux du ban». Banlieue est devenue synonyme de «grand ensemble»périphérique construit dans les années 1960, aujourd’hui dévalorisé et stig-matisé, accueillant dans les logements sociaux des locataires pauvres et précarisés, de nationalité française ou étrangère, ou encore de nationalité française mais d’origine étrangère. Néanmoins, toutes les banlieues de la relégation sociale et spatiale, appelées par euphémisme «sensibles», «diffi-ciles» ou «défavorisées», n’ont pas pris part aux émeutes. Alors que desquartiers emblématiques, comme les Quartiers Nord de Marseille ou les Minguettes dans la banlieue de Lyon, sont restés à l’écart, d’autres, jusque-là sans histoires et quelquefois dans des petites villes, se sont enflammés. Enfin,des jeunes sont sortis de leur quartier pour manifester leur exaspération, à Lyon par exemple.
Les émeutes de novembre 2005 ont eu un grand retentissement, à la foismédiatique et scientifique. Les chercheurs en sciences sociales ont été sollicités et, de façon classique, un certain nombre d’entre eux ont joué un rôle d’expert dans la presse écrite et/ou devant les caméras. Mais un autre phénomène est apparu avec un temps de décalage : l’extraordinaire effervescence de la communauté scientifique. En un an, le nombre de numéros spéciaux derevues scientifiques et d’ouvrages publiés sur les émeutes de 2005 est impressionnant, sans compter les textes diffusés sur Internet.
Ce dossier d’Espaces et Sociétés n’échappe pas à cette tendance quipourrait se poursuivre. Même si la revue n’a pas pour habitude de coller à l’actualité, elle s’est sentie interpellée. En effet, son interrogation centrale porte sur les relations des sociétés à leurs espaces, ce qui fournit une grille d’analyse pertinente sur les violences dites «urbaines». Ainsi, la revue prend part aux débats contemporains, sans sortir de son domaine de compétences.
Espaces et Sociétés a voulu raccourcir le délai de fabrication de ce numéro, mais sans confondre vitesse et précipitation! Au lieu de passer par un appel à articles, nous avons sollicité directement des auteurs et, en parti-culier, des auteurs étrangers pour avoir des éclairages sur la situation dans quelques pays voisins : sur les émeutes appelées «ethniques» en Grande-Bretagne (Marta Bolognani) et sur les Plattenbausiedlungen(«grand sensembles préfabriqués») de l’ancienne Allemagne de l’Est (CarstenKeller); la situation y est apparemment calme, mais les rancœurs s’accumulent et des explosions de violence ne sont pas exclues.
Espaces et Sociétés innove aussi en donnant place à la parole d’acteurs directement impliqués et que l’on pourrait classer parmi les «fauteurs de troubles» : un Collectif de la Cité des Bosquets à Montfermeil, et Ichem, unjeune de 17ans, ancien habitant de Clichy-sous-Bois. Ils témoignent d’une grande lucidité sur leur situation et leur place dans la société, illustrant la phrase célèbre (mais ambiguë) d’Anselm Strauss : «Les acteurs ne sont pas des idiots culturels».
Enfin, Espaces et Sociétés rend compte, très partiellement, de la production scientifique sur les émeutes, avec deux comptes-rendus thématiques : «Retours de flamme» (Jean-Pierre Garnier) sur un échantillon de ces publications récentes et «Les “quartiers” qui font l’actualité» (Jean-YvesAuthier), sur des ouvrages un peu plus anciens sur les quartiers «sensibles», éclairant le contexte dans lequel les émeutes se sont produites.

ÉMEUTES URBAINES ?
Les mots ne sont jamais innocents. Si la police et les médias n’utilisent pas toujours le même langage, les «événements» de novembre 2005 ont été unanimement qualifiés de «violences», «révoltes» ou «émeutes», leur caractère «urbain» ne faisant aucun doute. Mais les mêmes mots ont pu être utilisés avec deux objectifs opposés : à un pôle, dans le but de dramatiser et de susciter la réprobation et la condamnation morale des jeunes auteurs deces violences, présumés délinquants et donc coupables, alors que beaucoup n’étaient même pas «connus des services de la police». À l’autre pôle, les auteurs deviennent eux-mêmes des victimes, en état de légitime défense, face à des violences plus graves et plus insidieuses : le chômage et la précarité, la relégation et les discriminations, etc. Même si l’on n’approuve pas ces violences, il faut en comprendre les causes profondes. Dans ce dossier, «Des “jeunes” et des “banlieues” dans la presse de l’automne 2005 : entre compréhension et relégation», Isabelle Garcin-Marrou analyse selon cet axe les discours de la presse écrite. Dans le corpus étudié, L’Humanité est le journal le plus proche de la compréhension, Le Parisien le plus proche de la disqualification et de la relégation, ce qui n’a rien de surprenant.
Si une émeute est «(un) soulèvement populaire, généralement spontanéet non organisé, pouvant prendre la forme d’un simple rassemblement tumultueux accompagné de cris et de bagarres» (Le Petit Robert, éd. 1993), l’expression «d’émeute urbaine» semble appropriée. Malgré ses ambiguïtés, lequalificatif d’urbain renvoie au trouble dans l’espace public. Si les violencessont quelquefois dirigées contre les personnes, les forces de l’ordre en particulier, elles visent d’abord les biens, pour se les approprier ou, comme dansle cas des émeutes de novembre 2005, pour les détruire. Elles expriment une protestation véhémente contre l’injustice du «(dés)ordre établi».

CONTINUITÉS ET RUPTURES
Les émeutes de l’automne 2005, puis celles plus ponctuelles de leur «premier anniversaire» (des incendies d’autobus et des guets-apens contredes policiers), ont eu un impact médiatique considérable en France et, plusencore, à l’étranger où l’on imaginait une France à feu et à sang, installée dans une interminable guerre civile avec ses opérations de guérilla urbaine, etc. Pourtant, de telles émeutes se produisent épisodiquement depuis le débutdes années 1980. En France, les pauvres, français et étrangers, sont majoritairement concentrés dans des quartiers d’habitat social dégradé à la périphérie de la ville. Ils subissent le chômage, l’enclavement et le sous-équipementdu quartier. Les jeunes et leurs parents ont de bonnes raisons de se plaindre de l’école, de l’agressivité de la police à leur égard, etc. Dans ce contexte, un incident, parfois mortel, entre les jeunes du quartier et la police, est souvent l’étincelle qui met le feu aux poudres, au propre comme au figuré. Ce fut déjà le cas à Vaulx-en-Velin dans l’Est lyonnais, à Mantes-la-Jolie en banlieue parisienne, au Mirail à Toulouse, etc. Le même scénario se produit dans lesvieux quartiers centraux en Grande-Bretagne (Brixton, Bradford, etc.) et aux États-Unis (Chicago, Los Angeles, etc.), même si, répétons-le, il est présenté comme «ethnique» et non comme «urbain».
Peut-on se contenter dès lors de dire : «rien de nouveau sous le soleil»? Non, car il y a eu, en novembre 2005, des nouveautés qui intriguent observateurs et chercheurs. Il ne s’agit plus de quelques quartiers isolés mais d’une réaction en chaîne avec des dizaines de «cités» qui s’embrasent à la fois. Siles lieux changent, les formes de la violence aussi. Certains actes violents n’ont pas de cible précise et ils semblent frapper au hasard, peut-être parcequ’on ne sait pas décrypter le message implicite. Lors du «premier anniversaire», un exemple flagrant a été l’incendie d’un bus à Marseille, dans lequel une passagère a été très grièvement brûlée parce qu’elle a eu la malchance dene pas pouvoir sortir assez vite. Dans «Une violence éminemment contemporaine…», Jean-Pierre Garnier analyse les nouvelles formes de cette violence «sans objectif mais non sans objet» et il la qualifie «d’erratique» cardépolitisée par l’absence d’alternative politique. Il y a eu enfin la réponsein attendue et provocatrice du pouvoir. Le Premier ministre a exhumé le couvre-feu, un dispositif qui remonte à la guerre d’Algérie. À ce jour, nul ne peut dire si cette dramatisation a joué un rôle (et lequel) dans l’arrêt des émeutes.
Sur le plan scientifique, la question ici posée est celle de la reproduction et de l’innovation. Ces émeutes rentrent-elles dans un modèle d’action connuet balisé, les innovations (en dehors de la durée et de l’extension) étant en finde compte mineures? Sommes-nous au contraire dans une situation radica-lement nouvelle, dans laquelle les anciens repères sont périmés? La réponsene peut être binaire : la continuité et la rupture ne sont jamais totales et elles se combinent dans des proportions qu’il faut établir dans chaque cas particulier. Les auteurs de ce dossier ont des avis divergents sur l’ampleur de la mutation. Jean-Pierre Garnier souligne le caractère inédit de la situation, enla rapportant à une conjoncture historique marquée par l’évaporation des idéaux d’émancipation collective. Pour Maurice Blanc, la nouveauté est moins grande qu’il n’y paraît : en reprenant la distinction classique entre révolte (inorganisée) et révolution (organisée), c’est peut-être le retour des révoltes qui échappent aux appareils chargés de les encadrer. Ces deux auteurs ne font pas la même lecture du passé, pour autant ce dernier fournit des éclairages sur le présent. C’est tout l’enjeu du débat.

LE SPATIAL ET LE SOCIAL
Comme cela a déjà été dit, les rapports des sociétés à leurs espaces constituent la préoccupation centrale d’Espaces et Sociétés. Les «violence surbaines» sont un phénomène, voire un «fait social total», qui entremêle les patial et le social. C’est pourquoi l’élucidation du sens de cette relation apparaît fondamentale. Depuis trente ans, on entend régulièrement des élus, des journalistes ou des architectes déclarer que les grands ensembles sont «criminogènes». Ils proposent par conséquent de les démolir pour les remplacer par un habitat qui favorisera une vie sociale pacifiée. Ce postulat de l’efficacité sociale d’un dispositif spatial a été régulièrement critiqué dans Espaces et Sociétés(«De la ségrégation à la dispersion», n°104; «Le sens des formes urbaines», n°122). Car à l’inverse, pour d’autres, les causes profondes de la violence sont sociales : le chômage, la domination, la relégation, etc. La réponse est alors en termes d’insertion sociale et professionnelle, departicipation à la vie politique, etc. Ces deux positions ne sont pas antagoniques et l’on peut chercher à intervenir de façon cohérente et coordonnée à la fois sur le spatial et sur le social. Mais cette conciliation bute sur le choixdes priorités et les conflits de pouvoir entre acteurs : l’aménagement de l’espace est-il premier, l’intervention sociale ayant un rôle subalterne d’accompagnement? Ou est-ce l’inverse? Ou encore, doit-on en référer à desdéterminations socio-économiques et culturelles plus générales («Effets delieu», dans La Misère du mondede Pierre Bourdieu)?
La tension entre le spatial et le social est présente dans tous les articles et elle constitue le fil rouge de ce dossier. On ne change pas la société entransformant son espace, elle ne se laisse pas manipuler aussi facilement. La tentation de faire de l’aménagement urbain un levier d’ingénierie sociale est vouée à l’échec. La démolition-reconstruction des immeubles laisse les problèmes sociaux en l’état et elle ne fait, tout au plus, que les déplacer. Friedrich Engels le notait déjà (La question du logement), à propos de la rénovation urbaine du Baron Haussmann dans le Paris du Second Empire. Il ne faut pas en déduire que le «spatial» est accessoire. Les interventions sur l’espace sont socialement construites et elles sont le produit de rapports deforce. La forme urbaine peut favoriser ou entraver les échanges entre les êtres humains. L’espace et la société entretiennent une relation dialectique et non d’opposition binaire.
Dans «La politique de la ville, une exception française?», Maurice Blanc compare la politique de la ville (entendue comme une politique enfaveur des quartiers «en difficulté», pour prévenir notamment les violences urbaines) avec les politiques similaires menées dans les pays voisins, principalement Soziale Stadt(«ville sociale») en Allemagne, l’égalité des races et le multiculturalisme en Grande-Bretagne. La doctrine française affirme bienfort, déjà dans l’appellation de «politique de la ville», la priorité donnée au spatial. Mais les mesures concrètes mises en œuvre sont assez proches de celles que l’on observe en Grande-Bretagne, qui affiche une priorité à l’ethnicité et à l’identité communautaire, au double sens du terme: community renvoie à la fois au quartier et à l’origine ethnique. Il en va de même en Allemagne, où la priorité affichée est explicitement sociale. En France même, la politique de la ville connaît des inflexions. Il y a un mouvement de balancier entre les périodes où l’accent est mis sur le spatial (le logement, les équipements et les transports) et celles où il est mis sur le social (l’éducation, la culture, l’insertion sociale et professionnelle, etc.).
Isabelle Garcin-Marrou montre que, dans la presse écrite, cette opposition se combine avec celle, déjà mentionnée, entre la compréhension et la relégation (ou disqualification). L’Humanité met au premier plan les causes sociales des violences, alors que Le Parisien les ignore et s’en tient à la dimension urbaine. Dans cette lecture spatialiste, le «ghetto» devient le Malabsolu et la cause du problème, débouchant sur la stigmatisation des quartiers et de leurs habitants. Dans le discours médiatique, les «émeutiers» sont nécessairement des jeunes et, implicitement, des jeunes hommes. Dans «Jeunes filles “invisibles” dans les quartiers populaires», Julie Deville s’interroge sur ce point aveugle : la place et le point de vue des filles. Elle s’appuie sur une enquête réalisée «à froid» auprès de jeunes filles scolarisées dans un quartier «sensible», avant les émeutes. Ces adolescentes se plaignent d’être confinées dans des espaces restreints. Si elles ne sont pas prêtes à participer aux violences aux côtés des garçons, elles ne les désapprouvent pas pour autant et elles comprennent très bien leurs raisons.
Dans «Une violence éminemment contemporaine…», Jean-Pierre Garnier analyse l’émergence de nouvelles formes de violence en articulant leurs causes sociales et leurs manifestations spatiales. Si les jeunes s’approprient des espaces publics, au point d’être perçus comme menaçants par certains voisins, c’est parce qu’il n’y a guère de place pour eux, ni dans lelogement familial ni dans la «cité». Si l’espace public est prévu pour circuler, eux s’y incrustent car, sans argent, où pourraient-ils aller? En faire, dès lors, un «territoire défendu» et convertir le stigmate en label valorisant est, faute de mieux, leur manière de faire de nécessité vertu. La critique de l’ar-chitecture est secondaire dans leur discours, car ils ne perçoivent pas comment elle pourrait résoudre leurs problèmes qui sont ailleurs.
Pour prendre du recul, Espaces et Sociétés examine la situation dans quelques pays voisins. Dans «La population des grands ensembles de l’ex-République démocratique allemande…», Carsten Keller compare la situation des grands ensembles dans l’ex-RDAavec celle en France. En Allemagnede l’Est, les grands ensembles ont été les vitrines du «socialisme réel» et un des symboles de sa modernité. Aujourd’hui, dans l’Allemagne réunifiée, ces grands ensembles sont à la fois physiquement dégradés et socialement dévalorisés, comme leurs homologues français. Mais il y a une grande différence : là-bas, les jeunes sont peu nombreux. Pour fuir le chômage, ils émigrent vers d’autres régions allemandes ou à l’étranger. S’il y a des attaques racistescontre les rares étrangers, il n’y a pas (ou pas encore?) de soulèvement dansles grands ensembles de l’ex-RDA. Le sentiment d’abandon et de relégationest très fort chez les habitants, pour des raisons spatiales, mais surtoutsociales. La réunification a entraîné une perte d’identité et une insécurité éco-nomique liée à la reconversion industrielle. En s’inspirant d’Axel Honneth, dont les principaux ouvrages ont été récemment traduits en français(La luttepour la reconnaissance; La société du mépris), Carsten Keller met l’accentsur le respect. Il y a une lutte pour la reconnaissance et le respect, silencieusepour l’instant. L’auteur, qui a aussi étudié la politique de la ville en France, porte sur elle un regard extérieur et décalé, d’où son intérêt. Il considère que cette lutte pour la considération est présente dans les émeutes en France, mais sous-estimée par les observateurs et les chercheurs, car ils limitent le «manque de respect» aux rapports tendus entre les jeunes et la police. Les entiment d’être humilié et méprisé est un phénomène beaucoup plus diffus et répandu. En France comme en Grande-Bretagne, le mépris des policiers àl’encontre des jeunes n’est que «la partie visible de l’iceberg», c’est-à-direle sentiment d’être rejeté hors de la société.
En Grande-Bretagne, les émeutes sont spontanément qualifiées «d’ethniques», soulignant ainsi leurs dimensions sociale, identitaire et culturelle. Bradford est un cas exemplaire. Héritage de la période où l’industrie textile était florissante, Bradford a conservé une très importante communauté pakistanaise. Marta Bolognani analyse les émeutes qui s’y sont produites en 1995 et en 2001. Les premières étaient très politisées, avec des revendications de justice, d’égalité et de suppression des discriminations raciales. Les motivations politiques restent présentes en 2001, mais elles apparaissent comme un alibi plus que comme une cause réelle. La violence a un caractère festif et elle est un rite initiatique par lequel les jeunes hommes affirment leur virilité. Ces éléments apportent de l’eau au moulin de Jean-Pierre Garnier : la transformation de la nature des violences ne se limite pas à la France. Enfin, Marta Bolognani étudie la réponse britannique aux violences «ethniques», le multiculturalisme. Elle en montre les ambiguïtés et elle évoque les controverses actuelles autour de la promotion d’une société multiculturelle.
Ce numéro d’Espaces et Sociétés est modeste. Il croise les regards sur lesviolences urbaines, il apporte de nouveaux éclairages et il ouvre des pistes de réflexion. Mais il n’apporte pas de solutions et il reprend à son compte cette interrogation d’un professeur de philosophie d’un quartier «sensible»: «Mais enfin, sommes-nous si bons sociologues, pour dire ce qui a une signification symbolique et ce qui n’en a pas? À quel titre, du haut de quel point devue surplombant et omniscient s’autorise-t-on à dire ce qui est sensé et mérited’être soutenu, et ce qui sera “disqualifié” comme absurde et irrationnel?»(AthabéF., 2006, «Usages politiques de l’appel à punir et de l’impunité»,Lignes, n°19).

consulter l'article en ligne

N° 128-129 Émeutes en banlieues : lectures d'un événement


Imprimer