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La comparaison internationale : méthodes et enjeux

Chacun dans sa discipline respective, le sociologue Emile Durkheim et l’historien Marc Bloch ont fait de la comparaison une méthode de recherche fondamentale. Aujourd’hui, dans un autre registre, les programmes de recherche de l’Union Européenne encouragent les unités de recherche de différents pays à s’associer pour réaliser des comparaisons internationales, avec l’objectif de faire émerger une communauté scientifique européenne.

Néanmoins, la démarche comparative est peu pratiquée à l'échelle internationale car elle se heurte à des obstacles théoriques et pratiques. Une recherche réunissant des équipes de différents pays ne fait pas forcément une comparaison internationale rigoureuse : qu’est-ce que comparer ? Comment comparer quand les concepts, les méthodes et les instruments statistiques varient d’un pays à l’autre ? L’engouement pour la comparaison internationale risque de s’estomper et de laisser place au doute, véhiculé par l’expression populaire : « comparaison n’est pas raison ». « Comparer l’incomparable » (Détienne, 2000) est un défi. Il faut ajouter que la comparaison coûte cher et que les crédits sont limités.

Espaces et Sociétés veut réinterroger le rôle et la place de la comparaison internationale dans son domaine : les relations entre les sociétés et leurs espaces. Le dossier en préparation engage la réflexion sur les enjeux et les méthodes à l’œuvre dans cette approche. Il sera une contribution au bilan des pratiques comparatives, en privilégiant deux axes :

- Les enjeux : ils sont d’abord conceptuels et linguistiques, avec une circulation des concepts et des notions décrivant des phénomènes sociaux et spatiaux, par exemple l’usage des notions de ségrégation, ghetto, gentrification, ville durable. Ils sont ensuite méthodologiques et pratiques, avec la volonté de construire des cadres de référence permettant le recueil de données internationales (par exemple ERANET en 2008).

- Les méthodes et expériences : si de nombreux travaux s’inscrivent aujourd’hui dans ce champ comparatiste, peu se consacrent à un retour réflexif sur ces expériences. Au-delà de la restitution d’une aventure scientifique singulière, les auteurs sont invités à s’interroger sur ce que le cadre comparatif « fait » à la recherche. Autrement dit, à saisir et à mieux comprendre les choix méthodologiques et conceptuels imposés ou exclus, ainsi que les difficultés théoriques et conceptuelles, dès lors qu’il faut adapter ses outils et son langage à un contexte et/ou à des collaborateurs étrangers.

Les propositions attendues peuvent être :

- des analyses réflexives centrées sur le déroulement d’une recherche comparative ;

- des réflexions critiques et théoriques sur les évolutions disciplinaires, voire épistémologiques, liées au développement des comparaisons internationales ;

- des interrogations et analyses critiques, du lien présumé entre la « globalisation du monde urbain » et celle des sciences sociales, ou du renouvellement de la réflexion sur les relations entre les sociétés et leurs espaces à partir de la comparaison.

L’objectif n’est pas de présenter des résultats issus d’une comparaison internationale mais de porter l’accent sur les enjeux épistémologiques et méthodologiques de son usage. Il s’agit d’ouvrir la « boîte noire » de la comparaison. Le regard réflexif est essentiel.

 

Coordination du dossier

Maurice Blanc et Olivier Chadoin

Calendrier

31 mai 2014 : date limite de remise des articles

30 juin 2014 : information des auteurs

Adresse pour la correspondance

de préférence en version électronique par courriel

maurice.blanc@unistra.fr

olivier.chadoin@bordeaux.archi.fr

ou par voie postale en quatre exemplaires :

Maurice Blanc

Institut d’urbanisme et d’aménagement régional

Faculté des sciences sociales

Université de Strasbourg

22 rue Descartes – Le Patio

67084 Strasbourg cedex

Les auteurs qui s’interrogent sur la pertinence de leur proposition peuvent contacter les coordinateurs

Attention :
- La revue ne demande pas de propositions d’articles, mais directement les articles,

- Les articles ne dépassent pas 42 000 signes (espaces compris) en incluant : texte, notes, références bibliographiques, annexes, mais hors résumés.

- Les conseils aux auteurs figurent dans chaque numéro.

Les normes de présentation et les conseils aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue



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