| > N°124-125 Sommaire
> Résumés |
Prix du n° :
28 €

|
Le tournant territorial de l’économie global |
 |
par Bernard PECQUEUR
|
|
| Cet article propose de présenter l’hypothèse
selon laquelle les formes émergentes de regroupements géographiques
d’acteurs pour l’organisation de la production constituent
un moyen important d’adaptation de la division mondiale du
travail à l’économie globale. Ce mouvement est
daté historiquement et correspond à la sortie du fordisme
a-spatial. L’article décrit d’abord ces différentes
formes (DI, SPL,…) puis débouche sur la mise en évidence
d’un modèle productif «territorialisé»
qui coexiste avec le modèle classique de productivité. |
|
Les dynamiques spatiales de la production de biens culturels sous
les effets de la mondialisation |
  |
par Pierric CALENGE
|
|
| Au sein de l’industrie de la musique –considérée
ici comme un exemple de production de biens culturels– les
effets combinés d’innovations imprévues (téléchargement
de «voisin-à-voisin») et de la mondialisation
remettent en cause un régime d’accumulation fondé
sur les droits d’auteurs. Ce régime permet l’existence
de nombreux systèmes de production locaux (SPL), en rémunérant
leurs activités sur le marché mondial, relayés
en cela par des multinationales puissantes. Comment va réagir
la régulation institutionnelle de l’industrie de la
musique ? Assiste-t-on à un changement de régime d’accumulation
avec son ancrage spatial du SPL au marché mondial en passant
par l’échelle nationale, au profit d’un système
local-global ? |
|
Capital social et dynamiques de développement territori l
: l’exemple de deux territoires ruraux français |
  |
par Valérie ANGEON et Jean-Marc
CALLOIS
|
|
|
Dans la littérature économique,
les liens de proximité forts entre acteurs (cohésion
locale) sont présentés comme un élément
explicatif discriminant du développement territorial. Cette
analyse qui renvoie aux modalités de coordination entre
acteurs trouve ses fondements théoriques dans l’approche
du capital social. Cet article vise à analyser les mécanismes
économiques par lesquels les facteurs sociaux influent
sur le développement. Une mise enconfrontation de la théorie
aux faits est proposée à partir de l’exemple
de deux territoires ruraux français. |
|
Structuration des territoires et logiques divergentes de l’économie
bolivienne |
  |
par Hubert MAZUREK et Louis ARRÉGHINI
|
|
| La dynamique des territoires de l’économie
bolivienne obéit à deux logiques de localisation.
La première, impulsée par le capital international,
est fondée sur l’exploitation et l’exportation
de produits primaires ; la seconde, plus récente, naît
d’une adéquation entrel’exploitation d’un
marché de niche et le renouveau d’une revendication
identitaire autour du territoire. Les deux logiques ont su se créer
des opportunités de développement à partir
des réformes de structure des années 1990 : les réformes
d’ajustement structurel et de capitalisation ont favorisé
l’entrée de capitaux étrangers sur des produits
spécifiques ; les lois de décentralisation ont permis
une appropriation du territoire par les organisations de base. La
premièrelogique, liée à des avantages relatifs,
induit de fortes restructurations et polarisations territo-riales,
responsables d’un déséquilibre entre les régions;
la seconde, plutôt liée à des avantagesabsolus,
semble évoluer vers des formes de SPL plus durables. |
|
Les conflits dans les zones rurales et périurbaines. Premières
analyses de la presse quotidienne régionale |
  |
par André TORRE et Christine
LEFRANC
|
|
| L’objectif de ce texte est de présenter
les résultats émanant des travaux réalisés
conjointement par plusieurs organismes de recherche français
sur les modalités d’émergence, le déroulement
et les tentatives de résolution des conflits d’usage
des espaces ruraux et périurbains dans plusieurs régions
de France. Ces travaux, de nature essentiellement empirique,considèrent
que le conflit est consubstantiel à la vie en société
et qu’il constitue souvent le révélateur d’une
innovation et d’enjeux de pouvoir. Son déroulement
s’inscrit dans le temps et il ne doit donc pas nécessairement
faire à tout prix l’objet d’une tentative de
résorption. Le recueil de données sur les conflits
d’usage localisés s’est effectué par croisement
de trois sources: la presse quotidienne régionale, les décisions
de justice, et l’interview d’acteurs locaux. Ce texte
décrit l’une des méthodes utilisées,
celle de l’analyse de la presse quotidienne régionale,
qui constitue une source imparfaite mais riche pour l’obtention
de ce type d’information. Nous montrons que des profils conflictuels
régionaux apparaissent dans les cinq zones étudiées,
profils qui varient selon les types d’espaces et d’usages,
la réaction et la capacité de mobilisation des acteurs,
les manifestations, les modes de résolution adoptés…,
mais également que des permanences de l’activité
conflictuelle peuvent être repérées dans le
même temps. Il apparaît alors que la presse est un miroir
qui ne peut refléter qu’une partie de la réalité
et révèle l’état des forces et des négociations
au niveau local. |
|
Le rôle des écoles laitières dans le processus
d’innovation des entreprises : réseaux et proximité |
  |
par Michel MARTIN, Corinne TANGUY
et Pierre ALBERT
|
|
| Les analyses économiques récentes ayant
trait aux systèmes localisés d’innovation reposent
sur deux hypothèses complémentaires, la première
ayant trait au rôle joué par la proximité entre
les acteurs, la seconde tenant au caractère particulier de
la connaissance et aux problèmes posés par son transfert.
La notion de proximité organisée, développée
récemment par les économistes traitant de la question
spatiale, souligne qu’au-delà de la proximité
géographique, le transfert de connaissances exige aussi une
proximité en termes de codes de communication, de systèmes
de représentation et de stabilisation d’un système
de relations. L’objet de cet article est d’analyser
le rôle des écoles laitières (ENIL) et des stagiaires
dans la constitution de ces réseaux externes aux entreprises
et le transfert de connaissances pour innover. En étudiant
les relations entre les entreprises et les écoles, nous faisons
l’hypothèse que ces relations jouent un rôle
primordial dans la constitution des capacités d’innovation
des firmes, sur-tout lorsqu’il s’agit de PME. |
|
La place du travail dans la production |
  |
par Gilles Crague
|
|
|
Une part non négligeable des salariés
(un salarié sur cinq dans l’industrie en 1996) ne
travaille plus exclusivement dans les locaux de l’entreprise.
Ce constat tend à (re)poser la question de la place du
travail dans la production, au sens géographique du terme.
Ce découplage entre l’activité de travail
et les lieux de travail (établissements) suggère
en outre d’enrichir la palette des indicateurs du fonctionnement
spatial de l’activité économique en complétant
l’analyse classique de la géographie des établissements
par celle de la géographie du travail. L’article
propose un schéma explicatif général de ce
phénomène de découplage à partir de
la notion d’action indirecte négative et propose
une description statistique de ces formes de travail qui ne s’exercent
plus exclusivement dans les locaux de l’entreprise, à
partir des données de l’enquête «Changements
organisationnels et informatisation».
|
|
L’insertion sur le marché du travail en France et au
Brésil : une approche par la territorialité |
  |
par Christian AZAÏS
|
|
| L’insertion des individus sur le marché
du travail repose sur deux types de rapport au territoire: le territoire
économique et le territoire politique. Cette hypothèse
est testée à partir d’études de cas tirées
du contexte brésilien et du contexte français. Elles
traitent : des dispositifs publics et privés d’accès
à une occupation pour des populations défavorisées
; d’instruments de gestion urbaine, qui contribuent à
l’insertion par le biais du politique. L’analyse combinée
de ces deux types d’instruments montre bien comment la dimension
économique du territoire est aujourd’hui largement
articulée à des marqueurs et des actionsinscrits dans
la dimension politique. |
|
Mutations des marchés du travail et régulation des
territoires |
  |
par Patrick TERNAUX
|
|
| L’objet de cet article consiste à montrer
que les mutations qui traversent actuellement les marchés
du travail répondent aussi à des logiques spatiales.
L’espace n’est pas neutre et les stratégies des
entreprises en tiennent compte, particulièrement en matière
d’emploi. La mondialisation n’efface pas les territoires,
au contraire, elle les révèle. Elle s’accompagne
d’une forte évolution de la structure des échanges,
mais aussi d’une fragmentation croissante des processus productifs,
d’une nouvelle division spatiale et cognitive du travail qui
se caractérise par une polarisation des activités
hautement qualifiées dans les pays de la Triade. Elle n’est
pas synonyme d’harmonisation, mais plutôt de ségrégation
spatiale et sociale. Ces logiques sont guidées par l’attractivité
que dégagent certains territoires, chacun présentant
une offre des pécificité qui lui est propre, celle-ci
pouvant évoluer dans le temps et dans l’espace. Parmi
les ressources disponibles capables de valoriser un territoire,
la force de travail et plus précisément les compétences,
constituent un atout privilégié. Trop souvent négligées
ces dernières années par les spécialistes de
l’économie industrielle et de l’innovation, elles
retrouvent leur sens historique, celui de variable d’ajustement. |
|
De quelques effets sociaux des démolitions d’immeubles.Un
grand ensemble HLM à Saint-Étienne |
  |
par Sylvia FAURE
|
|
| L’article présente les résultats
d’une recherche récente traitant des effets sociaux
des démolitions d’immeubles dans des quartiers HLM.
Si le «renouvellement urbain» revalorise les quartiers
concernés, et vise ainsi à attirer ou à maintenir
les classes moyennes, en revanche,les conditions de relogement qui
découle des démolitions sont des contraintes objectives
qui pèsent fortement sur le parcours social-résidentiel
des familles populaires. Plus largement, les démolitions
interagissent significativement sur les rapports sociaux du grand
ensemble en bouleversant les conditions de vie et de logement des
habitants et en touchant aussi aux partitions sociales du quartier. |
|
Faut-il vraiment démolir les grands ensembles ? |
  |
par Gérard BAUDIN et Philippe
GENESTIER
|
|
| En réponse aux problèmes que poseraient
des grands ensembles, les pouvoirs publics en ont programmé
la démolition. Cette décision s’appuie sur des
arguments techniques et sociaux, justifications qui cachent en réalité
une volonté de dispersion des populations concernées.
Cette démolition-dispersion est l’aboutissement d’un
raisonnement s’appuyant sur un postulat suivant lequel le
lieu ferait la personne et qu’une action sur l’espace
permettrait de résoudre des problèmes sociaux. Cette
manière de résoudre la question du logement des catégories
défavorisées et la conception universaliste du politique
dans lequel cette question s’inscrit méritent d’être
examinées, d’autant que cette mesure entraîne
la disparition de logements pouvant accueillir la frange la plus
démunie de la population. |
|
|
Les enjeux du travail social d’intermédiation
d’après l’exemple des Pays-Bas
|
  |
par Évelyne BAILLERGEAU et
Jan WILLEN DUYVENDAK
|
|
| Dans le champ du développement social au cœur
des villes, la pratique de la médiation peut prendre des
formes et des orientations assez diverses. Aux Pays-Bas, la médiation
constitue notamment le corps d’un type spécifique d’intervention
sociale, qui s’est épanoui au cours des cinquante dernières
années : l’opbouwwerk (action sociale communautaire).
L’observationde la pratique de ce type d’intervention
sociale au cours des trente dernières années permet
de mettre en évidence la complexité des enjeux de
la médiation entre des habitants en conflit ouentre des habitants
opposés à des institutions publiques ou entre des
habitants opposés à des institutions publiques ou
parapubliques. Elle permet aussi de distinguer différents
types de médiation variant entre deux figures majeures de
la médiation, le tiers impartial et le tiers engagé. |
|

|