| > N°119 Sommaire
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Généalogie dun mythe : les établissements
publics daménagement des villes nouvelles |
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par Loïc VADELORGUE
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| Les aménageurs des villes nouvelles françaises
attribuent souvent loriginalité
de ces villes à lutilisation dune forme administrative
nouvelle : les
établissements publics daménagement. Lanalyse
historique dément cette
conception déterministe à différents niveaux.
Dune part, les EPAVN sinscrivent
dans une tradition biséculaire détablissements
publics. Dautre part, le
choix politique qui a consisté, au milieu des années
1960, à préférer la formule
des EPA plutôt que celle des sociétés déconomie
mixte a fait lobjet de
nombreux débats et compromis. Entre-temps, la conception
des villes nouvelles
a fait lobjet dun changement déchelle.
Imaginées à lorigine dans un
contexte régional, les villes nouvelles se territorialisent
dès la fin des années
1960. La lenteur de la transformation des missions détudes
en établissements
publics daménagement indique que les tensions au sein
de lexécutif
ne sont pas apaisées à lheure où sont
lancés les premiers chantiers. |
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Le Vaudreuil (Val-de-Reuil) contre lÉtat ou litinéraire
sociopolitique du localisme revisité |
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par Claire BROSSAUD
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| Les villes nouvelles des années 1960 ont donné
une place déterminante
au localisme. Parmi elles, le Vaudreuil ville nouvelle (Val-de-Reuil)
représente
sans doute le triomphe de cette grande utopie. Incarnée par
le Droit à
la ville de H. Lefebvre, cette façon de penser les rapports
sociaux et la
citoyenneté par la base fait toujours lobjet des politiques
de la ville depuis
trente ans. Larticle montre comment les configurations relationnelles
et les
affiliations socioprofessionnelles des « bâtisseurs
» du Vaudreuil dans différentes
sphères (culturelles, techniques et politiques) ont structuré
intellectuellement,
historiquement et géographiquement cette pensée localiste.
Il en
résulte une remise en cause de cette conception manichéenne
et statique de
lespace politique le centre contre la périphérie
au profit dune vision réticulaire,
où les différents territoires mentaux de laction
publique autour du
Vaudreuil constituent ses « lieux mémoire » symboliques.
Aux connivences
tant décriées entre « notables et administrations
» des années 1960 succède
un modèle de pouvoir plus diffus et décentralisé,
représenté par des liaisons
profitables aux mouvements gauchistes et au socialisme autogestionnaire. |
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Villes nouvelles et démocratie ou « le rendez-vous
manqué » |
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par Michel MOTTEZ
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| En replaçant les villes nouvelles
dans le droit commun, lÉtat sest-il suffisamment
assuré de leur capacité à sautogérer
? Lauteur retrouve dans le
Schéma directeur régional de 1965 ce quil considère
comme les trois piliers
sur lesquels les villes nouvelles se sont construites : les piliers
économique,
culturel et démocratique. Focalisant son analyse sur la ville
nouvelle dÉvry,
il constate que la construction économique, bien que fragile,
a été correctement
assurée, alors que la construction culturelle, malgré
les nombreux matériaux
rassemblés, nest pas une réalité tangible
aujourdhui. Il explique
labsence de cette perception par la faiblesse dune construction
démocratique
prisonnière dinstitutions communales figées.
Montrant les liens qui
unissent démocratie et identité culturelle, il interroge
sur ce qui peut être fait
pour que ce « rendez-vous manqué » demeure possible.
Pour lui, cela
concerne la santé de la démocratie. |
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Brasília : lurbanité dans une ville nouvelle |
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par Brasilmar FERREIRA NUNES
et Lourdes BANDEIRA
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| Cet article analyse lévolution de la
ville de Brasília, capitale administrative
du Brésil depuis 1960, et planifiée selon le modèle
dicté par la charte
dAthènes. Il étudie les transformations sociales
qui se sont produites depuis
linauguration de la ville et montre limportance de lhétérogénéité
sociale de
lensemble du district fédéral. Les impacts de
ces transformations sociales
sur lespace urbain sont ensuite traités. Les auteurs
concluent que lintention
déclarée des concepteurs du plan de la nouvelle capitale
« créer un nouvel
homme, une nouvelle société à partir dun
dessin rationnel de la cité » ne
sest pas concrétisée. La planification urbaine
savère être un faible instrument
de changement social. Brasília est lexemple même
dune ville qui doit
sa pérennité au soutien substantiel de lÉtat. |
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La contribution des villes nouvelles au polycentrisme francilien
: lexemple de la polarisation liée à lemploi |
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par Sandrine BERROIR, Nadine CATTAN
et Thérèse SAINT-JULIEN
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| Cet article évalue la capacité de polarisation
des villes nouvelles dans le
système des interdépendances pour lemploi qui
donne à la région métropolitaine
francilienne une certaine cohérence. La mobilisation de trois
composantes
complémentaires de la polarisation la puissance et
la nature de loffre
demploi, la dépendance/autonomie à légard
du pôle principal (ici, de lemploi
parisien) et la portée de la polarisation permet de
donner une image du
rôle que jouent aujourdhui les villes nouvelles dans
le fonctionnement du
système polycentrique francilien. Ce rôle est comparé
à celui dune dizaine
de pôles demploi témoins, afin dévaluer
la spécificité des trajectoires de ces
villes. |
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Pratiques de mobilité et aménagement urbain :
les déplacements domicile-travail des actifs habitant à
Marne-la-Vallée |
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par Nathalie BREVET
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| Cet article étudie la question des mobilités
à Marne-la-Vallée en proposant
dobserver la manière dont cette question est abordée
au sein du Schéma
directeur de 1965, en sattachant tout particulièrement
à lorganisation des
mobilités liées au travail, et en effectuant une évaluation
de ces objectifs sur
la base des données fournies par le recensement général
de la population de
1999.
Les résultats montrent que, conformément aux orientations
du Schéma
directeur, Marne-la-Vallée ne fonctionne pas sur le mode
autarcique. Les
mobilités domicile-travail des actifs habitant cette ville
nouvelle seffectuent
à léchelle de Marne-la-Vallée, et encore
plus de lEst parisien. Ces mobilités
ne se caractérisent pas par un usage exclusif de lautomobile
: les actifs utilisent
majoritairement les transports en commun en direction de Paris,
et laccès
aux centres urbains de la ville nouvelle ne témoigne pas
dun usage
intensif de lautomobile. |
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Ancrage et proximités familiales dans les villes nouvelles
franciliennes : une approche comparative |
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par Christophe IMBERT
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| Les villes nouvelles franciliennes avaient pour projet
de constituer de
véritables bassins de vie au sein de la grande couronne.
Trente-cinq ans après
leur lancement, il apparaît que les Franciliens se sont ancrés
dans les villes
nouvelles dune manière spécifique. Cette spécificité
relève principalement
de la centralité qui fonde ces espaces urbains et du caractère
massif de leur
peuplement. Si la venue en ville nouvelle a signifié avant
tout laccès à la
propriété, les femmes ont pu y trouver un lieu de
recours pour se loger au
moment dune séparation conjugale. Il est en outre significatif
que les personnes
venant vivre dans une ville nouvelle sy sont plus souvent
fixées que
ne lont fait les autres habitants de la grande couronne, ce
indépendamment
de leur statut social ou de la nature de leur logement. Peut-être
cet ancrage
est-il dû à une plus grande proximité de leurs
enfants, mise ici en évidence,
après leur décohabitation ? |
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Lanthropologue et ses territoires. Quest-ce quun
territoire aujourdhui ? |
  |
par Michel MARIÉ
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| À la manière de lautobiographe,
lauteur nous parle ici de ses territoires
successifs comme ayant été à la fois ses lieux
de vie et ses terrains de
recherche. Il tente de déceler, dans le même mouvement
de lesprit, lévolution
de son regard et la manière dont celui-ci a été
conditionné par lévolution
même de ces territoires. Dans une société marquée
par une très grande
mobilité, lanthropologue « voyeur » et
voyageur mimétise en quelque sorte
lexpérience même des territoires et des habitants
quil a fréquentés. |
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Patrimoine et conflits sociaux : lexemple de la défense
de la montagne minière de Potosi, Bolivie |
  |
par Pascale ABSI
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| Contrairement à ce que suggère le concept
universalisant de Patrimoine
de lhumanité, dans les faits, le patrimoine nexiste
jamais que dans des
appropriations et des configurations sociales et historiques particulières.
Ces
dernières sont elles-mêmes traversées par des
clivages qui divisent les populations
concernées, à lheure de définir où
commence et où finit linjonction
du patrimoine. En raison de son histoire coloniale, le site minier
de Potosi a
été déclaré Patrimoine de lhumanité
en 1987. Lusage fait de ce titre, par une
partie de la population pour sopposer à sa mise en
exploitation massive, et
la relégation des enjeux économiques et politiques
du débat sont ici loccasion
de sinterroger sur les tensions et les écueils qui
surgissent de la confrontation
entre la vocation universalisante et publique du patrimoine et les
intérêts particuliers des acteurs sur le terrain. |
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