Les villes nord-américaines nourrissent une abondante littérature.
Des phénomènes, paysages ou processus qui les caractérisent
ont été promus comme catégories essentielles
de la pensée et de la pratique urbaine. Le vocabulaire des
sciences sociales en porte la marque (gentrification, suburbanisation,
edge city, CBD, etc.), et nous invite à lire
la ville en anglais dans le texte. Les savoirs et les représentations
vernaculaires partagent ce tropisme : il s'agit de villes qu'on
a vues cent fois dans des films, des séries ou des informations
télévisées, et dont les paysages en sont venus
à figurer le décor urbain par excellence.
Ainsi les villes nord-américaines, qu'elles incarnent la
modernité (New York) ou la postmodernité (Los Angeles),
la crise sociale ou la réussite économique, polarisent-elles
les débats et les imaginations.
Ce numéro d'Espaces et Sociétés pose
deux questions très liées : comment voit-on la ville
américaine, et que lui emprunte-t-on ?
Pour répondre à celles-ci, les articles empruntent
trois perspectives, et présentent :
- des moments importants de la construction des regards européens
sur la ville américaine : ceux de Louis-Ferdinand Céline,
George Grosz et Fritz Lang sur New York, ceux des architectes
russes puis soviétiques.
- des points de vue non-européens : ce que les villes sud-africaines
et brésiliennes empruntent à la culture et aux modèles
urbains nord-américains.
- le discours français contemporain sur la ville américaine
: ce que les praticiens de nos espaces urbains et donc ce que
nos villes elles-mêmes doivent aux métropoles américaines.
|