Le propos idéologique fait souvent comme si nous avions à
choisir entre deux politiques d'urbanisme plus ou moins antinomiques,
l'une centripète, " jacobine ", l'autre centrifuge,
disons " girondine ".
Contre ces deux figures considérées comme dépassées
désormais, ce même propos promeut une voie rationnelle,
en réseau : un espace abstrait comme la communication d'information
dont elle serait quasiment le double au sens où le terme
même de communication les recouvre effectivement l'un comme
l'autre. Entre espace et fonctionnement économique, social
et culturel, l'analogie serait parfaite et constituerait ainsi la
base futuriste d'une " démocratie " véritable.
En réalité, les deux mouvements centripète
et centrifuge, ainsi que la forme réticulaire, ont toujours
existé de façon plus ou moins superposée dans
l'histoire (Duhem, Gourdon, Lassave, Ostrowetsky, Villes et transports,
Plan Urbain, Ministère de l'équipement, 1994).
Ce qui s'opère, en effet, à chaque période,
c'est une recomposition entre forces attractives et dispersion,
d'une part, permanence des formes, d'autre part. C'est ainsi qu'à
notre époque, la dispersion expansive liée à
la globalisation a pour contre partie l'" enkystement "
identitaire.
Ni exclusivement centraliste, ni strictement réticulaire,
l'urbain est à concevoir selon le bipôle catégoriel
propre à la mémoire des formes et à la dynamique
des actes. |